Témoignage : Les Compagnons du Devoir et du Tour de France

Cofinancé par le PON-FSE, le projet « Experts métiers » vise depuis l’été 2017 et jusque fin 2018 à expérimenter en Ile de France des audits "pénibilité et transmission" et à appuyer la mise en place d'actions de tutorat dans les entreprises du réseau des Compagnons du Devoir et du Tour de France. La DIRECCTE Ile-de-France a donné la parole à Madame Catherine FOURCADE, chargée de mission FSE Experts Métiers, pour présenter le projet.

  1. Présentez-nous votre projet

L'association des Compagnons du Devoir et du Tour de France s'appuie sur un important réseau national de 27 500 entreprises pour remplir ses missions de formation et de transmission des savoirs. Celles-ci évoluent dans un contexte de mutations technologiques et environnementales, de mondialisation et d'exigences accrues tant du côté de leur clientèle que de la réglementation.

D’ici 2020, 5 millions de salariés partiront à la retraite tandis que 6 millions de jeunes arriveront sur le marché du travail. Ce départ massif de salariés expérimentés présente deux risques pour les entreprises : celui de se trouver en difficulté en terme d'effectifs si les départs ne sont pas anticipés et celui de perdre les compétences détenues. Ces compétences proviennent de l’expérience acquise, qui ne se trouve dans aucun référentiel, et qui constitue souvent une grande partie du savoir-faire de l’entreprise. Pour intégrer ces nouvelles réglementations, notamment en termes de sécurité et de prévention des risques, et assurer la transmission des savoirs, les hommes et les femmes de métier des Compagnons, constitués en cellule d’experts métiers formés, testent de nouvelles modalités d'approche visant la prévention de la pénibilité du travail, l'amélioration des conditions de travail des seniors et la promotion de la transmission des savoirs, savoir-faire et savoir-être, en vue de leur déploiement ultérieur.

Concrètement, le projet repose sur deux phases concomitantes : d’une part, les Compagnons prospectent auprès du réseau d’entreprises franciliennes en leur proposant un diagnostic rapide de leurs besoins en accompagnement sur les deux thématiques et sur leur volonté ou non de participer au projet. D’autre part, les experts métiers sont formés pendant une semaine pour mener par la suite les audits en entreprises. La formation est complète : elle aborde les réglementations sur la pénibilité et la prévention des risques ainsi que la posture à adopter par les experts métiers lors de l’analyse des besoins en entreprises.

  1. Comment avez-vous été informé des possibilités de financement offertes par le PON-FSE ?

J’œuvre dans le champ du FSE depuis plus de 15 ans en tant que gestionnaire d’un organisme intermédiaire (programmation 2000-2006) puis en tant que conseil auprès des gestionnaires (programmations 2007-2013 et 2014-2020).

  1. Est-ce que ce projet est une activité nouvelle pour votre structure ? En quoi le cofinancement FSE représente-il un levier pour votre opération ?

Il s’agit d’une activité nouvelle pour les Compagnons du devoir qui s’est développée à partir d’une expérimentation conduite en 2013 en partenariat avec la DGEFP. Le cofinancement FSE permet d’expérimenter et de structurer au sein de notre structure un pôle d’expertise et d’interventions qui est au carrefour des besoins d’appuis des TPE-PME en matière de transmission des savoirs de l’expérience et de pénibilité au travail. C’est un levier de développement des compétences des Experts métiers via la formation et le cadre formel du FSE, et d’actualisation de leurs pratiques.

  1. Quelles ont été les réalisations de votre projet à ce jour ?

Deux sessions de formation ont été organisées pour le moment, treize experts métiers sont formés, quarante-deux événements avec les entreprises ont été réalisés et neuf missions d’appui sont en cours.

  1. D’après vous, quels sont les impacts de votre projet sur le territoire francilien ?

Un premier impact a déjà pu être repéré : il réside dans le fait qu’il existe une réelle demande des  entreprises (notamment des TPE) en matière d’appui à la prévention de la pénibilité et à la transmission des savoirs de l’expérience, celles-ci ne disposant pas de services internes pour mettre en œuvre ces actions comme elles le souhaiteraient.

 

 

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