Joli Mois de l'Europe - En Seine-et-Marne, des cantines en circuit court [17/18]

Depuis 2017, des cantines scolaires du sud de la Seine-et-Marne (77) se sont associées à des AMAP (Associations de Maintien de l’Agriculture Paysanne) pour proposer une alimentation en circuit court. Une opportunité pour les élèves comme pour les producteurs, à laquelle le FEADER a apporté son appui financier. Un article de Touteleurope.eu

La cantine scolaire d'Ecuelles, en Seine-et-Marne, s'approvisionne désormais auprès de producteurs locaux

300 AMAP sont implantées en Ile-de-France, dont cinq dans la commune de Moret-Loing-et-Orvanne (Seine-et-Marne). Ces associations paysannes ont un objectif : mettre en lien des citoyens et des producteurs locaux au sein d'un système de vente en circuit court, dans lequel les particuliers paient leurs denrées plusieurs mois à l’avance afin de sécuriser la trésorerie du paysan, explique le think tank Le Labo de l’Economie Sociale et Solidaire. Un projet "structurant au niveau local", selon Alain Blant, un élu local. Si tous les agriculteurs ne possèdent pas l'étiquette "bio", ils s'engagent en revanche pour une production durable, diversifiée, et sans engrais ni pesticides chimiques.

Et si le modèle des AMAP, "de la ferme au foyer, sans intermédiaire", s'appliquait également aux structures locales ? C'est l'idée du projet "Ma Cantine en AMAP", lancé en 2017 à Moret-Loing-et-Orvanne. A cet effet, 175 couverts de la cantine scolaire d'Ecuelles sont approvisionnés par des producteurs locaux. "Le potentiel de produits locaux est important dans le sud de la Seine-et-Marne, un des territoires les plus agricoles d’Ile-de-France", rappelait en effet en 2018 Hélène Béchet, en charge du projet.

Une approche globale de l’approvisionnement, du champ à l’assiette

Plus qu'un simple changement du mode de consommation, "Ma Cantine en AMAP" vise à un "décloisonnement des acteurs du territoire". Il associe les paysans aux écoliers en proposant par exemple des activités pédagogiques autour des thématiques agricoles et alimentaires (jardin pédagogique, visite à la ferme...). Le projet est "un énorme soutien humain et financier pour les paysans", estimait en 2019 Michel Grao, maraîcher en AMAP à Vaux-sur-Lunain, dans un reportage du Réseau AMAP Ile-de-France.

L'ensemble de l'initiative bénéficie du soutien financier de l'Union européenne : son Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) l'a financée, par le biais du programme territorial LEADER portée par le Groupe d’action locale Sud 77, à hauteur de 11 038 €, soit 60 % du coût total du projet. Cette aide permet de soutenir une dynamique déjà entamée au niveau national : en 2017, plus de 50 % du marché agricole bio français était destiné à la restauration collective.

Cependant en France, "75 % des cantines des établissements scolaires servent du bio, mais ces produits ne représentent que 4 % du volume de leurs achats", expliquait en 2018 la Banque des Territoires. Il reste donc du travail. La loi agriculture et alimentation, adoptée en 2018, prévoit 50 % de produits bio, locaux et écologiques d'ici à 2022 dans la restauration collective publique, y compris dans les cantines scolaires.

La phase expérimentale du projet "Ma Cantine en AMAP", menée de 2017 à 2018, vise à être pérennisée dans une "une dynamique territoriale". En septembre 2018, un appel à manifestation d'intérêt (AMI) a été publié. La commune de Varennes-sur-Seine a ainsi rejoint celle d'Ecuelles dans cette initiative. "La visibilité du projet est grandissante et l'intérêt des communes est croissant", explique le Réseau rural Ile-de-France. Prochaine étape ? "Essaimer au niveau régional mais aussi national".