Recherche et innovation
C’est sur le plateau de Saclay que s’est développée une plateforme de recherche consacrée à l’étude du développement cérébral et à la recherche en imagerie du cerveau de l'enfant et du jeune adulte. Au cœur de ce projet, une IRM à 7 teslas d’une performance inédite, développée par Siemens Healthineers.
Une imagerie médicale d’une précision inédite
Le projet s’appuie sur les compétences et l’expertise développées au cours des dernières années par le département de recherche NeuroSpin de l’Institut Frédéric-Joliot des Sciences du Vivant du CEA, dans des domaines complémentaires : l’instrumentation, les méthodologies d’acquisition de données en imagerie à haut champ magnétique, de 3 à 11,7 teslas, le traitement automatisé de données issues de cohortes ainsi que leur analyse statistique, et la prise en charge des volontaires et des patients intégrés à des cohortes. Il s’inscrit également dans la continuité des travaux menés à NeuroSpin au sein de nombreuses collaborations en recherche clinique, en psychiatrie, dans l’étude du neurodéveloppement et, plus largement, en neurosciences.
Avec cette nouvelle IRM, NeuroSpin pourra produire des images d'une précision inédite de l'anatomie cérébrale, mais aussi des fonctions du cerveau. Et les gains attendus bénéficieront particulièrement à la recherche pédiatrique.
Des bénéfices pour la recherche pédiatrique
David Germanaud, responsable d’UNIACT et pédiatre à l’hôpital Robert-Debré : « on fait toujours de la recherche chez l’enfant avec des outils développés chez l’adulte, on travaille avec des outils qui sont moins efficaces que ce qu’ils devraient être si on avait suffisamment investi dans la recherche méthodologique chez l’enfant ».
Dans le cas de ce nouvel outil d’imagerie médicale, Jessica Dubois, chercheuse Inserm dans l’équipe InDev (UMR NeuroDiderot) explique que cela pourra « aider à mieux comprendre pourquoi un enfant va développer plus vite qu’un autre certaines capacités, pourquoi un autre enfant aura plus de difficultés dans des tâches particulières ».
L'IRM à 7 teslas n'a encore jamais été utilisé de manière systématique dans ce type de recherche. Mais les avancées règlementaires, techniques et méthodologies (acquisition des données, post-traitements dédiés, imagerie quantitative) de la dernière décennie permettent aujourd'hui d'envisager de telles recherches. Dans ce contexte, le projet prévoit d'imager une cohorte de plus de 3 000 patients et sujets contrôles, dont 1 250 jeunes patients atteints de dépression, de schizophrénie, de troubles bipolaires ou de troubles du spectre autistique.
In fine, il est envisagé d’étendre la recherche au cerveau d’enfants de moins de six ans pour permettre de répondre à des enjeux de santé publique sur les troubles du neurodéveloppement et des enjeux sociétaux dans le domaine de la neuro-éducation en facilitant une meilleure compréhension et prise en charge des troubles des apprentissages.