Imagine, de nouveaux modèles d’insertion des jeunes à travers l’Europe du Nord-Ouest

Publié le Mercredi 9 mars 2022, Mis à jour le 21/01/2026.

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Le projet "Imagine" favorise l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, dans le secteur horticole. - Crédit photo : © Guillaume Binet

Insertion socioprofessionnelle

IMAGINE est un projet Interreg 5B en Europe du Nord-Ouest. L’objectif est d’aider les jeunes appelés NEET (Not in Education, Employment, or Training), âgés de 18 à 34 ans, qui ne sont ni en formation, ni à l’école, ni actuellement employés, à trouver des emplois durables dans le maraîchage.

Nous avons 6 projets pilotes dans cinq pays différents : Grande-Bretagne, France, Pays-Bas, Luxembourg et Belgique. Les différents partenaires travaillent ensemble sur la méthodologie avec trois modèles d’incubateur.
Le premier modèle correspond à la gouvernance sociale, avec deux opérateurs : le Surrey County Council en Grande-Bretagne et la Régie de quartier Vaugirard à Paris. Ces deux opérateurs sont déjà engagés dans l’accompagnement des personnes pour trouver un nouvel emploi.
Le deuxième modèle représente la gestion sociale des terres, avec le BEP (Bureau Économique de la Province), en Belgique et Moussy-Le-Neuf, en France. Ces deux opérateurs possèdent de grands terrains, ce qui leur permet de les mettre à disposition pour la formation selon les besoins.
Le troisième modèle se rapporte à l’entreprise sociale, avec deux opérateurs différents. Le premier dans le Grand-Duché de Luxembourg, le second aux Pays-Bas. Ces deux opérateurs ont déjà une entreprise sociale, et savent donc comment accompagner les personnes dans la formation et la recherche d’un emploi.

Nous travaillons avec un modèle de coproduction, dirigé par le Surrey County Council, pour avoir une autre façon de travailler avec plus d’égalité entre toutes les personnes.

Un autre aspect sur lequel nous travaillons ensemble est de penser à de nouvelles idées et suggestions pour les politiques sociales, afin de favoriser l’intégration des jeunes NEET dans la société.

Les différents partenaires ont la possibilité de transmettre cette nouvelle méthodologie et ces nouveaux outils à d’autres opérateurs qui souhaitent faire la même chose qu’IMAGINE, que ce soit avec leurs terrains ou selon leurs besoins.

Ils sont belges, luxembourgeois, anglais, néerlandais et français. Dix acteurs institutionnels, associatifs, éducatifs et entrepreneuriaux, pour certains déjà partenaires d’un précédent projet Interreg portant sur la récupération de terrains de chantiers, se sont retrouvés autour d’un nouveau projet de coopération transnationale.

L’inclusion socioprofessionnelle par le maraîchage

De nouveau réunis autour de la question des terrains libres ou exploitables en ville ou en milieu périurbain, les partenaires européens ont rapidement identifié la problématique de la surface de maraîchage, en augmentation de 5 % par an entre 2013 et 2017. L’expansion continue de l’agriculture urbaine et des circuits courts a entraîné la création d’entreprises et d’emplois. Pour autant, le nombre de jeunes sans formation, études ou emploi est important dans ces différents pays d’Europe du Nord-Ouest ; il atteignait 17 % en France en 2019, avant la crise sanitaire. D’où cette question : comment lutter contre le chômage des jeunes en favorisant leur inclusion professionnelle dans le secteur du maraîchage, tout en prenant en compte les problématiques propres à chaque territoire (mobilité, politiques de lutte contre le gaspillage ou de valorisation des déchets…) ?  C’est ainsi que les partenaires se sont coordonnés autour de formations au maraîchage urbain.

Les échanges entre partenaires européens ont fait fructifier la vocation sociale du projet, qui, à l’origine, n’était pas évidente […]. Chacun est venu avec ses expériences, ses compétences (bâtiment, insertion sociale, formation…), on a su les agréger et parler un même langage.

Sofia a pu bénéficier de l’une de ces formations à Paris, pendant la crise sanitaire.

Sofia : « J’ai fait un BTS notariat, c’était une filière, pas qui ne me convenait pas, mais avec les conditions sanitaires et tout ce qui s’ensuit, c’était très compliqué de suivre les études avec une autonomie que je n’avais pas, et du coup j’ai coupé court à mon BTS. J’avais effectué un stage en terminale, à l’association CREAT’EO IDF, dans le 15ᵉ arrondissement, à Brancion, qui m’avait beaucoup plu. J’étais aussi en relation avec la régie de quartier Vaugirard, et on a gardé contact.

Ducoup, on m’a proposé de faire un service civique pour en apprendre davantage, pour avoir une stabilité, pour reprendre un rythme de vie de travail, on va dire. Pouvoir me réveiller le matin avec un objectif en vue, pouvoir apprendre de nouvelles choses. Je suis contente de pouvoir participer à des projets tel que le projet Imagine, parce que c’est quelque chose que je ne connaissais absolument pas.

Pour nous, les jeunes de notre âge, tout ce qui est agriculture, le maraîchage, etc., ce n’est pas quelque chose qui nous tente. Et pouvoir apprendre de nouvelles choses, ça m’a un peu plus ouvert l’esprit. Je suis contente de connaître ce projet, de pouvoir y participer. Et la plantation, le fait de faire notre propre végétation, de s’intéresser à la terre, aux fruits, aux légumes… j’en ai appris beaucoup sur les tomates, j’espère en apprendre davantage et pouvoir, au fil des années, transmettre ça à d’autres jeunes, à d’autres personnes.

C’est quelque chose qui me plaît, qui m’intéresse. Je cherche à en savoir davantage sur le sujet et pourquoi pas, en poursuivant le service civique ou en continuant à apprendre avec le projet Imagine. Peut-être que plus tard je m’orienterai vers ce domaine. Je pense que c’est quelque chose d’important, de très important, dans la vie de tous les jours : se retrouver avec des personnes qui sont un peu comme nous, d’autres qui ne le sont pas, pouvoir se relever mutuellement. C’est quelque chose qui me tient à cœur, moi personnellement. »

Imaginer un modèle duplicable

Les partenaires du projet se sont donnés pour objectifs d’identifier, de réfléchir et de tester la mise en œuvre de modèles d’accession au milieu professionnel du maraîchage en milieu urbain. Le réseau transnational conçoit des outils permettant de dupliquer le modèle et de l’adapter aux problématiques rencontrées localement : « nous développons désormais des partenariats avec des villes comme Aulnay ou Rosny-sous-Bois », souligne Djamilla.

Les acteurs sont soutenus par l’Union européenne dans le cadre du Programme Interreg Europe du Nord-Ouest à hauteur de 2,2 millions d’euros (sur un total de 3,67 millions d’euros) pour mener ce projet entre 2019 et 2023.