Entre deux grains : des céréales au raisin, l’histoire d’une diversification

Publié le Mardi 14 octobre 2025, Mis à jour le 31/10/2025.

Photo de grappe de raisin sur son pied
Au cœur du Vexin, une ferme céréalière a su se réinventer pour faire naître un véritable domaine viticole francilien.

Agriculture

Diversifier pour durer

Pour la famille Philippon, à l’origine du projet, l’enjeu est clair : construire une filière agricole complète, de la production jusqu’à la commercialisation, tout en diversifiant les activités afin de réduire la dépendance aux aléas climatiques.
Cette stratégie, pensée sur le long terme, vise à stabiliser économiquement l’exploitation tout en lui donnant une nouvelle identité autour du vin.

Nicolas PHILIPPON, Agriculteur, céréalier à Magny-en-Vexin (Val-d’Oise) : « Nous sommes sur une exploitation agricole à Magny-en-Vexin, dans le Val-d'Oise, une belle ferme céréalière du Vexin. Nous sommes toujours sur plusieurs cultures telles que des céréales, des betteraves, du colza, du maïs… Nous nous sommes diversifiés.
En 2016, on a eu l'autorisation de planter des vignes, chose qu'on ne pouvait pas avant. L'idée a germé et nous nous sommes lancés dans cette diversification. »

Ulysse PHILIPPON, Agriculteur, nouveau viticulteur, Domaine entre deux grains à Magny-en-Vexin (Val-d’Oise) : « J'ai repris l'exploitation l'année dernière. Ça fait cinq ans que je travaille sur l'exploitation avec mon père. On s'est vite rendu compte que la filière viticole nous plaisait, qu'on avait des sous-sols qui étaient compatibles avec ça.
Et donc on a envisagé de planter de la vigne. On a planté cinq hectares avec quatre cépages différents, uniquement en blanc, et on va de la production de la vigne jusqu'à la production du vin.

L'idée initiale de la diversification, c'était surtout de trouver aujourd'hui une culture sur laquelle on avait la mainmise de la production jusqu'à la vente et donc de gérer nos coûts en conséquence.

Financièrement, c'est beaucoup plus stable que des cultures où l’on sait que selon les années, on peut gagner ou perdre de l'argent. Avoir des vignes à côté, ça nous permet peut-être des mauvaises années en céréales, d'avoir des meilleures années en vigne, donc de stabiliser un peu l’exploitation comme ça.

L’impact sur le territoire avec le projet viticole, c’est une nouvelle filière qui redémarre. On a des produits qui vont arriver, qui sont locaux, qui répondent on espère à la demande des clients.

Le cofinancement de l'Union européenne aujourd'hui nous a permis de planter notamment les vignes. On a été subventionnés sur les plants, mais aussi de clôturer les parcelles pour pas être embêtés par le gibier, ou monter le chai, où on fait toute la transformation et la vinification des raisins jusqu'au vin, avec de l'achat notamment de cuves, du pressoir, du tapis pour monter le raisin dans le pressoir… On va toucher aux alentours de 70 000€ d'aides. Aujourd'hui s’il n’y avait pas eu cette aide-là, on serait peut-être partis sur un projet un petit peu plus petit, parce qu'on n'était pas capable de financer tout ça sans aide. Moi, ça m’enlève une grosse épine du pied aussi de savoir qu’on est aidés derrière.

Aujourd'hui, les perspectives de développement pour l'exploitation, ça va sûrement être de continuer sur ce projet de diversification. Pourquoi pas replanter de la vigne ? Aujourd'hui, on est sur la quatrième feuille, sur la deuxième vendange et donc on sort les premières bouteilles de 2024 maintenant. Et il est super bon ! »

 

Une viticulture francilienne en renaissance

Situé à proximité de Magny-en-Vexin, le domaine bénéficie de sous-sols particulièrement adaptés à la vigne, une richesse géologique souvent méconnue en Île-de-France. À travers ce projet, « Entre deux grains » participe au rétablissement d’une véritable filière viticole francilienne, favorisant la production et la transformation locales. Le domaine fait partie des deux premiers vignobles du Val-d'Oise et du Vexin.
Ce renouveau est rendu possible grâce au soutien de l’Union européenne et de la Région Île-de-France, qui a permis d’envisager un projet ambitieux :

  • la plantation de 5 hectares de vignes,
  • l'achat de plants de vigne,
  • la clôture des parcelles,
  • et la création d’un chai équipé de cuves, d’un pressoir et d’un tapis de tri.

Une aventure familiale

Au-delà de la réussite technique et agricole, le domaine « Entre deux grains » incarne une aventure familiale. Depuis cinq ans, la transmission progressive de l’exploitation s’opère entre le père, Nicolas Philippon et son fils, Ulysse Philippon, assurant la continuité et le dynamisme d’une ferme en pleine transformation.
Un passage de témoin symbolique, entre deux générations et… entre deux grains.